Dernière mise à jour le 23 décembre 2000
Organisation de l'activité
A l'origine, le but de l'activité était de sortir deux autobus musée parmi les plus anciens et les plus représentatifs, afin d'attirer un public le plus large possible, au lieu des habitués, peu nombreux. Le thème de l'activité s'est donc imposé de lui-même: le dépôt autobus de la rue du Frontispice. Pourquoi?
- il s'agit d'un des plus anciens dépôts autobus de la capitale, et le berceau des Autobus Bruxellois;
- c'est un dépôt autobus d'origine, et non un ancien dépôt tramways réaménagé pour accueillir des autobus;
- les autobus STIB les plus anciens y ont été affectés;
- il abrite des anciens autobus STIB (mais aussi des ex-SNCV, De Lijn ou TEC) qui sont entrés dans la collection du MTUB et qui attendent une éventuelle restauration.
Le choix des autobus
Après de longues discussions par courriel interposé, il a été décidé que les 2 autobus disponibles qui répondaient le mieux aux critères de l'activité étaient le Ragheno Leyland Brossel AB6DS 515 et le VanHool Leyland Brossel A98DARV1 8246.
Si les A98DARV1 ont sans doute parcouru l'ensemble des lignes affectées à Frontispice, en revanche les AB6DS n'ont jamais desservi que les 37 (Nord - av. Churchill), 38 barré (Nord - Uccle Centre) et 50 (Midi - Lot). A partir de 1960, ils ont également effectué des remplacements de trolleybus sur la ligne 54; toutefois, à cette époque, il ne portaient plus la livrée bicolore des Autobus Bruxellois, mais bien la livrée jaune primerose de la STIB.
La longue quête des bobines de films
Si les films Frontispice pour le 8246 n'étaient pas trop difficiles à trouver, il n'existe en revanche quasi plus aucune bobine de films à numéros pour le 515. Par chance, le MupDoFer (Musée Privé de Documentation Ferroviaire) possède un exemplaire tout neuf d'une telle bobine toile et a finalement accepté, après de longues démarches et la persuasion de l'organisateur, de la prêter le temps de l'activité. Qu'ils en soient tous deux infiniment remerciés ici.
Les quelques photos du 515 musée avec une bobine de films à numéros, présentées sur cette page, sont donc tout-à-fait uniques et inédites! L'occasion de tirer de tels clichés ne se reproduira sans doute plus avant longtemps...
La présentation au musée de Woluwe
Traditionnellement, les autobus sont généreusement photographiés avant le départ du musée de Woluwe, même si ces clichés n'ont absolument rien d'historique. Toutefois, cela permet aux amateurs de réaliser leurs photos à l'aise, en dehors de la circulation. Voici donc les premières photos du 515 en livrée Autobus Bruxellois et muni d'une bobine de films à numéros, ainsi qu'un parallèle avec le 8246.
Evocation de la ligne 29
Si le 515 et les bus de sa série n'ont jamais roulé sur le 29, en revanche le 8246 et ses congénères y ont été affectés depuis leur livraison jusqu'à leur transfert au dépôt d'Ixelles en 1964. Deux arrêts photos ont été prévus, l'un avenue de Mai (Woluwe Saint Lambert), et l'autre chaussée de Louvain (Schaerbeek), à hauteur de la caserne désaffectée.
Evocation des lignes 64, 65 et 66
Comme pour la ligne 29, le seul autobus représentatif était le 8246, les AB6DS n'ayant jamais roulé sur ces lignes. Deux arrêts photos étaient également prévus, l'un à la place des Bienfaiteurs (Schaerbeek) ne concernant que la seule ligne 65, et l'autre à la place Quételet (Saint Josse) impliquant les 3 lignes.
Evocation des lignes 37 et 38 barré
Contrairement aux situations précédentes, les deux types d'autobus ont exploité ces lignes. L'arrêt photo a été demandé place du Luxembourg (Etterbeek), où la prise de vue des deux autobus en parallèle (un des moments forts de l'activité) était possible, mais dans des conditions épouvantables (sous des trombes d'eau).
Evocation de la ligne 54
Lors de l'arrêt photo de la place du Luxembourg (Etterbeek), les participants ont demandé au conducteur du 515 d'afficher le film 54. Il s'agit pourtant d'une entorse à la réalité historique, car si les AB6DS ont effectivement roulé sur le 54 en effectuant des remplacements de trolleybus, ceux-ci n'ont eu lieu qu'à partir de 1960... et à cette époque, l'entièreté de la série 500 avait déjà été repeinte intégralement en jaune primerose, alors que le 515 arbore aujourd'hui la livrée bicolore des Autobus Bruxellois.
Visite du site de Frontispice
Petit historique du dépôt Frontispice
En 1924, soucieux d'expérimenter ce mode de transport, les Tramways Bruxellois commandent 22 autobus Renault MU à essence. Leur but n'est pas d'exploiter eux-mêmes ces véhicules, mais de confier leur exploitation et la gestion de leur réseau spécifique à une filiale. Le 27 mai 1926, c'est chose faite: la société des Autobus Bruxellois est créée. Celle-ci s'établit au 83 de la rue du Frontispice, où se trouvent à la fois les bureaux, le garage abritant les 22 Renault MU ainsi qu'un atelier de mécanique et de carrosserie.
Cette société ne possède toutefois pas encore de lignes... Mais le 22 décembre 1926, la Société Anonyme Bruxelloise d'Auto Transport (futurs Taxis Verts), qui exploite à la fois des autobus et des taxis, désire ne plus gérer que ceux-ci et cède l'exploitation de ses 2 lignes de bus aux Autobus Bruxellois.
Par la suite, la nouvelle société n'aura de cesse d'étendre son réseau et de moderniser son matériel, soit en transformant l'existant, soit en acquérant du matériel neuf qui sera toujours à la pointe du progrès: c'est ainsi que le 10 mai 1940, le garage Frontispice exploite pas moins de 14 lignes à l'aide d'une flotte de 90 autobus, la plupart roulant au gazole et étant dotés de portes pliantes automatiques.
Malheureusement, ces progrès sont stoppés net par la guerre: suite à la réquisition des véhicules et du carburant, les Autobus Bruxellois doivent cesser toute exploitation. Après le conflit, la société ne sera à même de remettre en exploitation que 3 lignes à l'aide de 13 autobus récupérés et remis en état, ainsi que 15 nouveaux véhicules (les Ragheno Leyland Brossel AB6DS) dont les châssis ont été fabriqués avant les hostilités, cachés pendant celles-ci et carrossés directement après.
Le 1er janvier 1955, un an après avoir repris celles des Tramways Bruxellois, la STIB reprend les activités des Autobus Bruxellois. Seuls sont gardés les Brossel AB6DS, numérotés dans la série 500, mais la STIB, soucieuse de promouvoir ce mode de transport, commande, entre 1956 et 1964, plus de 400 véhicules, en grande majorité les Brossel «à casquette» (A98DAR et A99DAR) bien connus. Et elle ne s'arrête pas là: suite à la prolifération des lignes d'autobus et à la «bussification» progressive mais massive de lignes de tramways, 328 nouveaux véhicules viennent s'ajouter au parc entre 1969 et 1974.
Bien sûr, même en aménageant d'anciens dépôts
tramways, soit en totalité (Brogniez en 1957) soit en partie
(Ixelles et ch. de Louvain en 1964), pour accueillir des autobus,
la capacité des garages s'avère insuffisante; d'autre part,
les ateliers sont de plus en plus vétustes, voire dépassés
techniquement. La STIB décide
donc de construire de nouveaux dépôts plus capacitaires et
des ateliers modernes. Ces nouvelles installations, construites à
Auderghem (Delta) et à Haren, sonnent le glas de tous les
dépôts d'autobus: c'est ainsi que le parc de Frontispice
est transféré à Haren le 23 septembre 1977,
suivi par l'atelier mécanique 2 mai 1980 et les services
administratifs un mois plus tard; quant à l'atelier de carrosserie,
il ne sera muté à Haren qu'en mai 1984, suite à
une inondation du nouvel atelier en 1982. La STIB
reste cependant propriétaire des bâtiments désaffectés
du 83 de la rue du Frontispice.
Le site Frontispice aujourd'hui
Si les bureaux qui abritaient autrefois les services administratifs ont été condamnés, l'ancienne remise, aujourd'hui divisée en deux parties, est toujours fonctionnelle, quoique dans un état déplorable (fuites à la toiture, vandalisme...). Une partie sert néanmoins de garage à Belgacom, l'autre d'abri (provisoire?) pour les autobus du MTUB qui attendent leur sort futur ou qui servent de banques d'organes. Parmi les anciens véhicules STIB qui y sont actuellement préservés en vue d'une éventuelle restauration, citons le VanHool Fiat 4 8530, le VanHool DAF AU115X 8015 (II) prototype et le Jonckheere Mercedes O305 8021 (II). A noter que les deux premiers cités n'étaient pas prévus pour entrer dans les collections du MTUB, mais qu'ils le sont aujourd'hui car VanHool, qui les conservait jusqu'à présent, a décidé de se défaire de sa collection de véhicules anciens...
Visite «éclair» du dépôt de Haren
Le but complémentaire de l'activité était de montrer aux amateurs non habituels la collection autobus du MTUB, abritée dans la remise 1 de Haren. Ce fut également l'occasion de montrer le Jonckheere Leyland Brossel A98DARV1 8164, qui attend son prochain passage à l'atelier de peinture avant d'être exposé au musée de Woluwe (ce bus est non roulant). En passant, nous avons pu photographier un VanHool A300G à la station de remplissage de gaz, ainsi que quelques VanHool MAN A120 survivants, désimmatriculés et donc réservés à l'écolage sur le site de Haren. Le retour au musée de Woluwe s'est effectué à bord du VanHool Fiat 5 8660.
Quelques commentaires à propos de l'activité
Tout le monde a été unanime pour déclarer que l'organisation et la préparation de l'activité étaient excellentes. Nos remerciements particuliers vont à Jean-Pierre MARISSENS, membre du GTB (Groupe de Travail Bus) du MTUB, qui a eu l'idée de l'activité, l'a organisée et gérée, et surtout qui a remué ciel et terre pour retrouver et convaincre son détenteur de pouvoir emprunter un exemplaire (probablement unique) d'une bobine de films toile à numéros ayant équipé les AB6DS. Grâce à cela, nous avons pu réaliser des clichés inédits du 515 avec différentes mentions de ladite bobine.
Les seuls bémols ont été les circonstances météorologiques (la «drache» à la gare du Luxembourg) et... l'état déplorable du site Frontispice. Etant donné qu'il pleuvait toujours lorsque nous y sommes arrivés, nous avons pu constater pleinement l'étendue du désastre. Non entretenue par la STIB depuis plus de... 40 ans, la toiture fait plus que fuir: elle déverse des trombes d'eau sur certains véhicules préservés. L'eau n'est d'ailleurs pas la seule ennemie de ces survivants du passé: il y a aussi... les vandales, qui parviennent à s'introduire dans les locaux (par où?) et dont le jeu favori consiste à fracasser les carreaux des véhicules...
Pourquoi dès lors avoir choisi le site Frontispice pour les garer? La réponse est simple. La collection du MTUB s'étend sans cesse, et il a bien fallu trouver de nouveaux locaux, étant donné que la place est limitée dans les dépôts STIB en exploitation, et que les véhicules STIB ont bien entendu la priorité pour y être garés. Après bien des recherches, il s'est avéré que seul l'ancien site Frontispice était disponible dans l'immédiat pour «abriter» les véhicules de la collection MTUB. Il reste juste à espérer, soit que la STIB (ou le MTUB...) y fasse les travaux nécessaires pour étanchéifier la toiture et prévenir l'intrusion dans les locaux d'énergumènes aussi indésirables que dévastateurs, soit que le MTUB déniche un local plus accueillant...
Source de l'historique «Frontispice»:
Philippe MATAGNE et Roger WALRAEVENS
«Le Guide du Musée du Transport Urbain Bruxellois»
Edition 1992