Dernière mise à jour le 1er janvier 2001
Contrairement à ce que le titre pourrait laisser supposer, il ne s'agit pas d'une campagne de promotion lancée par la STIB, mais bien d'une action syndicale. D'après le journal Le Soir (éditions du 22 et du 23/24/25 décembre 2000), le front commun syndical de la STIB, composé de la CCSP, de la CGSLB et de la CGSP, est en désaccord avec le nouveau contrat social : les syndicats protestent contre la suppression d'une série d'acquis sociaux, demandent une augmentation salariale raisonnable et revendiquent le maintien de la notion de «service public» à la STIB (la société empruntant au secteur privé certaines pratiques commerciales).
Sur le terrain, cela se traduit, non pas par une grève de l'exploitation, mais par une opération «transport tarif zéro» de longue durée, s'étendant entre le 22 décembre 2000 et le 1er janvier 2001 inclus. Durant toute cette période, les agents du métro, des tramways et des autobus pratiquent la «grève de la perception», en ne vendant aucun titre de transport et en n'activant pas les appareils oblitérateurs (la plupart indiquent la mention «FERME/GESLOTEN» ou sont obstrués par des autocollants «HORS SERVICE», normalement utilisés en cas d'avarie). Une affichette collée à l'intérieur des véhicules ou bien en évidence sur le pare-brise de la voiture informe les clients.
Les syndicats affirment avoir pris toutes les précautions juridiques pour que leur action soit jugée légale, et demandent aux usagers de soutenir leur mouvement (mais comment ceux-ci pourraient-ils faire autrement...?). Du côté de la Direction, par contre, c'est un tout autre son de cloche. Monsieur Alain FLAUSCH, Directeur Général de la STIB, déclare qu'une telle opération n'est pas légale:
- il n'existe pas de «gratuité légale»;
- dépourvu de titre de transport, le client n'est pas couvert en cas d'accident;
- les contrôleurs sont priés d'inviter les clients à payer s'ils ne sont pas munis de titre de transport, et peuvent dresser procès-verbal en cas de refus.
Dans la pratique, une telle politique paraît néanmoins difficile à appliquer:
- dans la plupart des cas, le client est dans l'impossibilité de se munir d'un titre de transport, puisque les agents n'en vendent pas et que les appareils oblitérateurs sont désactivés;
- en cas d'accident, le client qui ne se verrait pas couvert aurait facilement gain de cause s'il fait régler l'affaire par les tribunaux;
- les procès-verbaux, dressés par les contrôleurs à l'encontre des clients «réfractaires» à payer, ont toutes les chances d'être classés «sans suite» pour les mêmes raisons.
Le conflit est donc ouvert entre une Direction qui se déclare «choquée d'une telle action, jugée prématurée, alors que des négociations ne sont pas encore entamées», et le front commun syndical qui se dit «prêt à envisager des actions plus dures si rien ne bouge»... Tous se déclarent néanmoins disposés à commencer à négocier, en présence du Président de la Commission Paritaire.
Pour l'instant, le grand gagnant de ce mini-conflit social est... le client (une fois n'est pas coutume), qui a la possibilité de se faire transporter «à l'oeil» dans tout Bruxelles pendant 10 jours. Espérons qu'il prendra ainsi goût aux transports en commun et qu'il y fera davantage appel à l'avenir. Par contre, le grand perdant (financier) est la STIB, qui se voit ainsi privée d'une bonne part des «rentrées exceptionnelles» générées par l'augmentation sensible du nombre de voyageurs en période de fêtes...
Sources:
Journal Le Soir
Edition du vendredi 22 décembre 2000
Journal Le Soir
Edition du samedi 23, dimanche 24 et lundi 25 décembre 2000